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Perspective présidentielle : Les ingrédients d’un vote-sanction des jeunes en 2012

Auteur: Charles Gaïky DIENE

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Considérés comme le fer de lance de la victoire de Wade en 2000, les jeunes, qui représentent la moitié de l’électorat, risquent de tourner le dos au pouvoir. Déçus par Wade, les analystes prédisent un vote-sanction de leur part.

Fini l’état de grâce et l’euphorie de l’alternance et de la qualification du Sénégal lors de la coupe du monde de 2002. La jeunesse qui a porté le président Abdoulaye Wade au pouvoir ne veut plus de lui. Les jeunes, âgés entre 18 et 25 ans, qui seront plus de deux millions sur une population totale de treize millions, selon les prévisions de l’Agence nationale de la statistique et du développement (Ansd, juillet 2008) risquent de porter l’estocade au pouvoir libéral. ‘Beaucoup de jeunes ont tourné le dos au pouvoir. De la même manière qu’ils avaient sanctionné le régime Ps qui ne répondait plus à leurs préoccupations, ils sont en train de tourner le dos massivement au régime en place. Et partout où vous allez, quand vous parlez de ce régime et de ses animateurs, vous risquez de recevoir à la limite des coups de poings de la part des jeunes qui sont complètement en colère et qui n’en veulent plus. Alors, si avant on disait: ‘Laissez le vieux travailler’, de plus en plus les jeunes disent: ‘Laissez le vieux se reposer’. Cela veut dire qu’ils n’en veulent plus’, affirme le sociologue Djiby Diakhaté. ‘En termes électoraux, nous allons avoir un pourcentage de jeunes très défavorable au pouvoir, c’est très clair. Ils ont pris leur distance par rapport au pouvoir. Ils ne sont pas du tout satisfaits par le régime. Et les coupures intempestives d’électricité sont venues accentuer leur mécontentement’, analyse le sociologue.

Djiby Diakhaté rappelle que les promesses de campagne de Wade avaient suscité un espoir considérable chez les jeunes. Selon lui, il y avait une ferveur juvénile forte autour de sa personne, surtout en 2002, avec le Sénégal qui se qualifie pour la finale de la Coupe d’Afrique des nations au Mali et la Coupe du monde de football au Japon et en Corée.

Mais, d’après lui, l’espoir né de l’alternance a laissé la place à la désillusion et au désenchantement. Wade, faisait miroiter de la formation et des emplois aux jeunes, les deux préoccupations de ces derniers. D’ailleurs, lorsqu’il battait campagne à cette période, il demandait à tous les jeunes qui n’ont pas de travail de lever la main, se souvient-il. Il a fait rêver tous les jeunes Sénégalais en leur faisant croire que son accession au pouvoir signifierait une diminution du chômage et une ouverture des écoles de formation pour les jeunes, dit-il, soulignant que malheureusement, il n’arrive pas à tenir ses promesses de campagne. Et les jeunes sont absolument démotivés, car la situation s’est complètement dégradée pour eux. Et cela se manifeste à tous les niveaux. ‘Vous allez dans les campagnes, les jeunes ruraux sont démotivés, parce que l’élevage, l’agriculture et la pêche ne leur permettent plus d’avoir des revenus pour vivre correctement. Et dans les banlieues les jeunes vivent dans des conditions extrêmement difficiles. Ils doivent survivre au quotidien, car ils n’ont même pas le minimum nécessaire. Ils sont confrontés au chômage, à la maladie, aux inondations et ils n’ont plus la possibilité d’accéder à quelque revenu que ce soit. Conséquence, ils prennent des bateaux à risque pour rejoindre l’Europe, certains préfèrent mourir en s’immolant par le feu. Cela veut précisément dire qu’il y a un désenchantement des jeunes et une situation socio-économique invivable pour beaucoup d’entre eux’, ajoute-t-il.

Cependant, analyse le sociologue, cette désaffection du régime libéral ne va pas profiter forcément à l’opposition, qui ne fait pas le travail nécessaire pour capturer ces jeunes. ‘En réalité, nous avons une demande en opposition qui est très forte, mais une offre en opposition très faible. Il y a un déficit oppositionnel. Les jeunes veulent d’une opposition présente, qui s’affirme davantage et plus conquérante’, dit-il. Mais, selon lui, nous sommes dans une situation où les gens tournent le dos au pouvoir, mais l’opposition ne leur offre pas d’alternative. Et c’est la raison pour laquelle, d’après lui, les mouvements dits de la société civile constituent une troisième voie.

Auteur: Charles Gaïky DIENE
Publié le: Samedi 19 Mars 2011

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