Des imams ont invité mercredi le gouvernement à "assainir" l'enseignement coranique en veillant au respect, par les maîtres qui veulent ouvrir des "daara", des normes édictées par le ministère de l’Éducation nationale, l'Inspection des "daara" et les associations musulmanes du pays.
"L’Etat doit veiller, avant que quelqu’un n’ouvre une école coranique [...], à ce qu’il remplisse les conditions, en se faisant encadrer par le ministère de l’Éducation nationale, l'Inspection des "daara", les associations musulmanes et les maîtres coraniques", a affirmé le secrétaire général des imams et oulémas du Sénégal, Omar Diène.
L'imam Diène, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse, invite l’État à "subventionner et accompagner" l'enseignement coranique, en définissant des normes dans le but de le "sécuriser".
Il souhaite que les parents, en confiant leurs enfants à des maîtres coraniques, le fassent suivant des objectifs précis concernant la durée de l'apprentissage. "Les parents doivent contribuer financièrement" à cet apprentissage, pour que les enfants soient nourris convenablement et logés dans de bonnes conditions, a-t-il suggéré.
Les maîtres coraniques, en ce qui les concerne, doivent éduquer les enfants comme le leur recommande la Charia, la loi islamique, a-t-il ajouté. "Ils ne doivent pas faire [de l'enseignement du Coran] un fonds de commerce", a soutenu M. Diène.
Le Premier ministre Abdoul Mbaye a indiqué le 6 mars que le gouvernement préconisait "l’interdiction totale" de la mendicité des enfants. Il a invité les populations à s’impliquer dans la lutte contre ce fléau, en dénonçant à la Police les personnes faisant mendier des enfants.
M. Mbaye a annoncé cette décision à la suite de l’incendie qui a coûté la vie à neuf enfants, dans une école coranique de La Médina (Dakar), trois jours auparavant. Cette déclaration du chef du gouvernement a entraîné une levée de boucliers dans les milieux maraboutiques.
Selon l'imam Serigne Diaw, qui est intervenu aussi à la conférence de presse, l’apprentissage du Coran et la mendicité ne vont pas de pair. "Il n’y a aucune sourate qui recommande [la mendicité]. L'islam nous recommande d'apprendre le Coran et de l’enseigner", a-t-il martelé.
"L’enfant doit être entretenu par sa famille où par l’État, puisqu'il n'a pas atteint la majorité" légale, a affirmé M. Diaw.
"Nous refusons la mendicité d’une certaine catégorie de +talibé+", a-t-il dit, faisant allusion à des enfants de bas âge fréquentant les écoles coraniques. "Nous demandons à l’État de ne pas reculer sur la décision d’interdire la mendicité", a déclaré Serigne Diaw, exhortant le gouvernement à soutenir les "daara" fonctionnant sur la base des règles qu'il a édictées.
Commentaires (0)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter ou TikTok pour l'afficher automatiquement.